Le crédit joue à cache-cache, mais n'empêche pas d'acheterEn septembre dernier, au début de la crise financière mondiale, le taux du crédit baissait de 0,10 % pour les prêts à taux fixe. En octobre, après la faillite de plusieurs banques américaines et la mise à mal de la place financière en général, le taux des prêts à taux fixe augmentait de 0,20 %. Et cela même si la banque centrale européenne a décidé, au même moment, de baisser alors son taux directeur. Pour les emprunteurs qui cherchent à acheter pour profiter de prix plus attractifs, c'est à ne rien comprendre.
La baisse du taux directeur aurait dû se répercuter mécaniquement sur le taux. Raisonnement trop simpliste, d’autres paramètres entrant forcément en ligne de compte dans ce calcul, notamment le refinancement des banques. Alors que depuis quelques années, les banques s’autorisaient de prêter à perte et donc sans peu de marges à des clients susceptibles d’acheter d’autres produits bancaires « maison », elles ne peuvent plus se le permettre aujourd’hui. Par ailleurs, elles doivent intégrer dans leur coût, celui du refinancement bancaire, en hausse compte tenu des risques actuels. Résultat pour l’emprunteur, une augmentation du coût du crédit, de l’ordre de 0,20 % soit pour un prêt sur 20 ans d’un montant de 150 000 euros, un taux de 5,20 % à 5,40 % contre 4,80 % en avril et 3,50 % en octobre 2005 selon le courtier Empruntis. Et a fortiori une amputation de son pouvoir d’achat, même si les prix actuels s’orientent à la baisse. Toujours selon ce même courtier, la hausse des taux depuis trois ans a amputé la capacité d’achat de 14 %. Sur 20 ans, en octobre 2005, l’acquéreur pouvait emprunter 172 426 euros, mais aujourd’hui seulement 146 473 euros. Reste qu’il faut faire avec le taux actuel dès l’instant où le projet immobilier et financier tient la route. Certes, les prix de l’immobilier s’assagissent, mais les taux ne sont pas suffisamment attractifs pour compenser une hausse des valeurs de 140 % en moyenne sur 10 ans. Personne à ce jour et les courtiers comme Empruntis, Ace, Cafpi ou Meilleurtaux à l’écoute de multiples banques partenaires ne sont en mesure de dire si dans les trois mois à venir, il y aura stabilité, baisse ou hausse des taux d’intérêt. D’où le bras de fer à avoir avec son banquier pour décrocher le meilleur prêt dès l’instant où votre profil peut l’intéresser, à savoir un bien de qualité et bien placé, un apport personnel conséquent, entre 20 et 30 %. Celui-ci a une influence sur le taux consenti pour les plus nantis, mais plus directement sur l’octroi d’un prêt tout court, les banques prenant en compte, de plus en plus, le reste à vivre des ménages et spécifiquement le trajet domicile-travail et les crédits à la consommation. Pas de panique pour autant. Un bon dossier, primo-accédant ou revente, avec dans ce cas, un crédit-relais bien ficelé et adossé à un bien de qualité, trouve toujours entendeur. Cela s’est vérifié au plus profond moment des crises immobilières des dernières décennies. Et la crise actuelle ne devrait pas démentir cette antienne. Elisabeth Lelogeais - Octobre 2008 Les informations disponibles dans cette page sont fournies
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